Bruyères : Scandaleux ! Il pleut sur le lit d'une septuagénaire handicapée (03/02/2009)

Une locataire âgée de 70 ans en mars prochain reproche à l'OPAC des Vosges de ne pas faire face à ses obligations de propriétaire du logement qu'elle occupe depuis 4 ans.

Bruyères, rue Louis Marin, deux petits bâtiments de deux et trois étages accusent le temps. Mais, somme toute, d'aspect plutôt sympa, ces habitations autour desquelles des retraités aiment prendre le soleil paraissent encore pimpantes.
P1130994.JPG Ce n'est là qu'une apparence. En tous les cas, quelques-uns des locataires d'environ une quarantaine de logements sont en droit de penser le contraire.

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Portes cassées, serrures abimées, fuites d'eau un peu partout et passages d'air ( à faire bondir plus d'un écologiste atterré face à autant de gaspillage d'énergie) les problèmes s'additionnent.
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Inutile dans l'un des bâtiments de compter sur l'interphone destiné à assurer une certaine sécurité à l'intérieur. Il y a bien longtemps que ce matériel ne fonctionne plus. D'ailleurs, sur celui-là, de l'eau a coulé depuis le haut des baies vitrées...


Selon des habitants, les caves des lieux, pourtant propres et bien entretenus du point de vue du ménage, seraient même ponctuellement visitées par des rats. Des locataires assurent avoir acheté eux-mêmes du poison destiné à tuer les indésirables rongeurs.
Mais le comble d'un manque évident d'entretien du « clos et du couvert » comme il en incombe à l'OPAC des Vosges, propriétaire des deux bâtiments, apparait dans le petit F1 d'Anne-Marie Dupont. Que l'on en juge. Depuis son arrivée, cette dame sérieusement handicapée n'a jamais eu le simple bonheur de fermer ses placards.
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Et pour cause, les portes d'une armoire encastrée attendent d'être posées contre un mur d'une salle de bains dont la colonne de douche ne fonctionne pas. Pour les autres étagères de rangement, rien pour mettre le linge et les objets à l'abri. Ne serait-ce que des regards !


Parmi bien des reproches à faire, on arrive au pire.
Juste au dessus du lit de la septuagénaire, sur presque deux mètres de long, retenu par du plastique et des punaises, une sorte de matelas de laine de verre fait office de plafond.

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Qu'est-ce donc ? Un ami de la locataire explique qu'il s'agit là d'une fuite sur le toit. Effectivement, le problème apparait sans ambiguïté de l'autre côté de la cloison, côté grenier.
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Depuis environ un an selon la locataire, la toiture n'est plus étanche, entre les tuiles, un trou et des fissures laissent largement passer l'eau de pluie. Sur le sol, de grandes auréoles prouvent que tout cela ne date pas d'hier.


Joseph qui vient là pour donner un coup de main à son amie handicapée a même fabriqué une sorte de petit chéneau, qu'il place selon les besoins, côté chambre ou dans le débarras, histoire de récupérer l'eau ailleurs que sur la couette.
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Très en colère, Joseph jure avoir alerté l'OPAC de nombreuses fois. Suite à cela, une première entreprise s'est déplacée. Le plâtrier s'est vite rendu compte qu'il ne pouvait pas réparer sans que la toiture subisse une réfection. L'artisan a donc fait de son mieux pour retirer tout le plâtre transformé par l'eau en une épaisse pâte à beignets. Mme Dupont demeurant avec son problème, l'Opac a encore été prévenue. La situation n'ayant pas évolué d'un iota. Le second professionnel n'a pas été lui non plus en mesure de colmater la brèche. Les plaques qu'il avait confectionnées pour boucher le trou sont là, dans un coin de la chambre... Il y a de cela environ quatre mois... Depuis malgré toutes les réclamations, rien !
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Rongée par l'humidité, la tapisserie a fini par se décoller du mur qui moisit doucement, mais surement !
Alertée par l'ami de la locataire, la mairie de Bruyères a réagi. L'adjointe aux affaires sociales a constaté l'ampleur des dégâts. L'agent de ville a même pris des photos. La tutrice de Mme Dupont a également tiré la sonnette d'alarme. L'assistante sociale s'est inquiétée, d'autres personnes aussi, en vain. Les services de la mairie ont encore rappelé ses devoirs à l'OPAC à Epinal. Il aurait été avancé une surprenante excuse. « Pour le moment, nous n'avons personne pour grimper sur le toit et réparer ! » Révolté de cette situation qui perdure Joseph qui ne mâche pas ses mots s'inquiète pour son amie.
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« Lorsqu'il pleut trop fort, toute la laine de verre se transforme en éponge et tout cela coule sur le lit... Regardez les taches sur le couvre-lit ! Les jours où le vent souffle très fort, cela fait un bruit épouvantable et la protection tombe sur le lit... Moi j'appelle cela un cercueil, c'est honteux ! »
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Anne-Marie Dupont qui vit dans cette misère d'insalubrité absolument scandaleuse voudrait sortir de cette détresse. « Y'en a marre de l'eau qui coule sur mon lit ! Je paye mon loyer pourtant. Il faut que je m'appelle Obama pour que l'on s'occupe de moi ? » Il est à espérer une réaction rapide de l'Office des HLM. Car, pour faire avancer l'affaire, Joseph est prêt à aller quérir un avocat. Et, de taper fort du poing sur le bureau de l'OPAC, avec les mots d'une juste colère !

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